Culture Libre

Nos imaginaires sont en péril !

La liberté dans la culture est en danger : l’idéologie purement capitaliste et libéral met à mal l’indépendance et la diversité dans la culture. Quand les libertariens et les réactionnaires agressent l’exception culturelle, c’est bien l’art et l’accès de tous à la culture qui est menacée. Face à cette offensive, nous devons défendre la liberté de nos imaginaires et la souveraineté culturelle de l’Europe. Il est temps d'agir !

Libre de qui ?

Nos contenus culturels sous influence


Le consensus républicain pour la défense de la culture n’est plus. La culture est désormais le terrain de combat le plus concret de la bataille culturelle entre démocrates et réactionnaires. Pour les libéraux, la question n’est plus simplement de servir le camp des possédants mais aussi d’investir le champ des consciences, de modeler les préférences culturelles et d'inonder les médias et les actifs culturels en leur possession de contenus qu’ils produisent eux-mêmes : c’est la nouveauté de l’économie de l’attention. L’alliance entre l’extrême-droite et les libéraux ajoute à ce phénomène déjà dangereux un nouveau péril : l’uniformisation de la culture au service d’un projet politique illibéral et réactionnaire.

Reset! Network. (février 2026). De nouvelles cartes européennes rendent visibles les structures de propriété dans le secteur de la musique live [Communiqué de presse]. https://reset-network.eu/wp-content/uploads/2026/02/Press-Release_Who-Owns-Europes-Live-Music-Spaces.pdf

Libre de quoi ?

La concentration dans la culture ou l’information, horizontale comme verticale, menace nos imaginaires collectifs, c’est vrai en France mais également partout en Europe. Les grands groupes qui investissent des milliards et rachètent à tout va ne voient la culture que comme un simple actif, générateur de profit. D’autres, à l’image d’Orban, Vincent Bolloré ou Pierre-Edouard Stérin, perçoivent bien, parfois plus que les démocrates, l’importance stratégique que revêt la culture. A travers leurs acquisitions, ils promeuvent leur vision réactionnaire du monde et censurent le pluralisme.

La puissance publique doit faire le ménage dans ce scénario orwellien. Le rôle de l’Europe est de protéger la culture et les artistes pour construire une exception et une souveraineté culturelle européenne.

Dans le secteur de la musique, quelques groupes concentrent les maisons de disques, les services de billetterie, les festivals et les salles de concert et peuvent ainsi imposer leurs choix de programmation et augmenter les prix.

Dans le secteur audiovisuel et du cinéma, les plateformes de streaming américaines mènent une guerre tous azimuts pour affaiblir nos diffuseurs européens et nos producteurs indépendants.

Dans le secteur du livre, la concentration est également de mise en particulier en France où cinq groupes se partagent 75 % du chiffre d’affaires du secteur de l’édition. Les librairies indépendantes sont aussi attaquées par la prédation de grandes plateformes comme Amazon.

"
Je me bats au Parlement européen pour défendre notre souveraineté culturelle, protéger tous les créateurs dans un monde où la loi du plus riche prime sur la puissance publique. Ce que nous portons, c’est la loi du plus juste et l’indépendance de la création.
Emma Rafowicz
— Emma Rafowicz, Députée européenne

La puissance publique apparaît comme un outil indispensable de résistance démocratique. Celle-ci s’affaiblit pourtant partout en Europe sous l’effet des politiques d’austérité et du désengagement de l’Etat et des collectivités qui ciblent particulièrement la culture dans leurs attaques politiques. 

Défendre la liberté des imaginaires, c’est défendre la démocratie et l’émancipation. Une société qui ne produit plus de récits multiples, qui ne permet plus la confrontation des idées et des sensibilités, affaiblit les fondements mêmes du pluralisme démocratique. A l’échelle individuelle, sans pluralisme, c’est la mort de l’esprit critique et le règne des certitudes.

A l’échelle européenne, plusieurs leviers doivent être mobilisés. Il est urgent d’établir de nouvelles régulations antitrust pour la culture en limitant la présence d'acteurs qui tirent l'essentiel de leurs revenus d'autres activités (médias, industrie, fonds de pension), en séparant les activités de production, d'édition et de promotion mais aussi en limitant la détention de plusieurs segments dans un même pays ou à travers l'Europe par un seul opérateur. Par ailleurs, la priorité est au renforcement massif des services publics culturels et à une régulation démocratique des plateformes numériques.

Au Parlement européen, au sein de la commission culture et éducation (CULT) je travaille sur le programme AgoraEU. Voici les grandes lignes que je défends. 

1) Porter un budget ambitieux alors que les secteurs culturels et de l’information se relèvent encore durement du Covid-19, qu’ils subissent les effets de la concentration et de l’usage de l’IA générative et qu’ils sont confrontés à l’austérité 

Il est inacceptable que le Conseil ait proposé une coupe de 33 % en juin dernier. Nous devons plus que jamais porter le budget d'Agora à 10 milliards d'euros comme l'a proposé le Parlement.

2) Soutenir l’indépendance, garante de la liberté artistique et de la diversité culturelle grâce à la promotion des labels, des festivals et des salles indépendantes dans la musique, grâce au soutien aux librairies et aux maisons d'édition indépendantes dans le secteur du livre mais aussi grâce au soutien à la production indépendante dans le cadre de MEDIA.

L'indépendance est un principe fondateur du sous-programme MEDIA, qui fait son succès depuis 35 ans. Ce qui me frappe, c’est cette contradiction : célébrer cet anniversaire en reconnaissant cette réussite, tout en proposant dans le même temps des orientations qui en affaiblissent les fondements.

3) Élément corollaire du soutien à l’indépendance : la lutte contre la concentration qui est également au coeur de ma proposition grâce au fléchage du financement vers les petites structures, le financement d’études pour documenter cette concentration dangereuse mais aussi la création d’un observatoire européen de la musique en renfort de l'observatoire de l’audiovisuel déjà existant.

4) La conditionnalité sociale est également une priorité pour moi dans le cadre d’Agora : les structures qui touchent de l’argent doivent respecter les droits et les conditions de travail des artistes.

5) Encadrer l’usage de l’intelligence artificielle en garantissant une utilisation éthique grâce à une conditionnalité des aides fondées sur une “contribution humaine substantielle et identifiable”. Il est impensable que des aides publiques puissent soutenir le pillage des œuvres ou le licenciement de travailleurs de la culture. Dans le cadre de la révision de la directive droit d’auteur, je porterai dans le même esprit, la défense des ayants droits

6) Autre objectif central d’Agora : démocratiser l’accès à la culture en prenant en compte la variété des publics et grâce à une meilleure prise en compte de l'inclusion géographique et du handicap.

5) Enfin, impossible de construire un programme ambitieux sans une approche par filière. C’est pourquoi, j’ai séparé le programme Agora, dans ma première proposition, en plusieurs sous-programmes dédiés à la musique, au livre, à l’audiovisuel, au cinéma et aux jeux vidéo mais aussi au spectacle vivant et au patrimoine. De même, un volet est consacré au journalisme et à l’information pour permettre de soutenir à la fois les journalistes locaux et nationaux, l’audiovisuel public ainsi que les fact-checkers.

Soutenons une culture libre européenne. 

Pour rejoindre le combat, téléchargez et diffusez les visuels ci-dessous. Plus nous serons nombreux à porter cette voix, plus nous nous ferons entendre.

Image
Image
Image
Image
Image
Image
26 signatures
Prochain objectif : 60
Signer cette pétition

Signez pour la culture libre

LIBRE DES MONOPOLES

LIBRE DES ALGORITHMES

*En cochant ces cases, vous acceptez la politique de protection des données de S&D France.