Lutte contre la corruption : le combat avance grâce aux Socialistes et Démocrates
Ce jeudi, le Parlement européen se prononce pour la première fois sur la future stratégie européenne de lutte contre la corruption, que la Commission européenne doit présenter d'ici la fin de l'année. Cette résolution, c'est mon groupe, les Socialistes et Démocrates, qui l'a demandée. Nous y avons inscrit nos priorités :
Des règles plus strictes sur les activités rémunérées annexes des eurodéputés, le financement politique, les conflits d'intérêts, les déclarations de patrimoine et les « portes tournantes » entre public et privé.
Un Parquet européen renforcé, doté de plus de moyens, que les États encore réticents sont appelés à rejoindre.
Une meilleure protection des lanceurs d'alerte et des journalistes d'investigation.
Une conditionnalité à l'État de droit renforcée dans le prochain budget européen.
C'est une avancée, mais c'est encore trop peu. Après d’intenses négociations, le texte ne mentionne plus l'organe européen d'éthique, proposé par les Socialistes et Démocrates, que la droite et l'extrême droite ont longtemps bloqué. Il ne prévoit pas non plus de sanctions européennes ciblées contre les corrompus.
Certains voient dans la corruption un « bruit de fond » de la vie politique, ou un mal réservé à d'autres continents. Rien n'est plus faux.
Le Qatargate et l'affaire Huawei l'ont montré jusque dans les murs du Parlement européen. 69 % des Européens estiment que la corruption est répandue dans leur pays, et un sur deux qu'elle l'est au sein des partis politiques. Chaque scandale nourrit la défiance. La corruption mine la confiance des citoyens. Elle prospère là où les institutions manquent de règles solides et de moyens d'enquête, mais aussi là où la volonté politique fait défaut. Cette défiance nourrit l'extrême droite.
Ce combat est aussi indispensable à la refondation de la puissance européenne car la corruption est l'arme des pouvoirs autoritaires. En Hongrie, elle a permis aux proches de Viktor Orbán de mettre la main sur la majorité des médias du pays, jusqu'à ce que les Hongrois réussissent à le chasser du pouvoir en avril dernier.
De l'autre côté de l'Atlantique, Donald Trump incarne cette dérive où le pouvoir politique se confond avec les intérêts privés. Cours de crypto-monnaies manipulés, délits d’initiés, contrats opaques… Il profite de son statut et de la puissance de l’Etat américain pour ouvertement enrichir ses proches. On ne compte même plus les scandales dans lesquels il est empêtré. Dans un pays où l'argent pèse si lourd sur les élections, la corruption nourrit une oligarchie.
Si l'Europe veut défendre ses valeurs, la primauté du droit sur la force, l'ordre international et la démocratie, elle doit faire de la lutte contre la corruption une priorité. Car c'est elle qui rend nos sociétés perméables aux prédateurs.
Ce combat est le nôtre, et nous ne lâcherons rien. Ce jeudi nous voterons pour la lutte contre la corruption.