Lutte contre la corruption : le Parlement européen adopte la position des Socialistes et Démocrates
Pour la première fois, le Parlement européen se prononce sur la future stratégie européenne de lutte contre la corruption, à l’initiative de notre groupe. La Commission européenne doit présenter cette stratégie d’ici la fin de l’année.
Des années de combat
Notre délégation est engagée sur ce sujet depuis plusieurs années, notamment grâce au travail de Chloé Ridel, Coprésidente de l’intergroupe anticorruption, et de Raphaël Glucksmann, ancien président de la commission spéciale sur les ingérences étrangères dans l’ensemble des processus démocratiques de l’Union européenne.
Cet engagement part d’un constat partagé : les forces démocratiques n’ont pas su réguler efficacement la corruption. Affaire des assistants parlementaires du Rassemblement national, QatarGate, HuaweiGate, affaire Dati. Face aux scandales, notre réponse doit être collective et exigeante.
Dans cette résolution, nous avons inscrit et obtenu :
des règles plus strictes sur les activités rémunérées annexes des eurodéputés, le financement politique, les conflits d’intérêts, les déclarations de patrimoine et les « pantouflages » entre public et privé ;
un Parquet européen renforcé et doté de moyens supplémentaires, que les États membres encore réticents sont appelés à rejoindre ;
- une meilleure protection des lanceurs d’alerte et des journalistes d’investigation ;
le renforcement de la conditionnalité liée à l’État de droit dans le prochain budget européen.
Une première victoire, pas une fin
Cette adoption est une première victoire, mais elle n’est que le début d’un long combat. Nous attendons de la Commission européenne une stratégie ambitieuse à la fin de l’année : c’est en proposant des règles strictes que nous défendrons l’Europe et ses démocraties.
Mais quelle leçon pouvons-nous donner à la Commission si nous ne nous appliquons pas ces règles à nous-mêmes ? Aujourd’hui encore, il est possible d’être à la fois député européen et lobbyiste. Les règles trop permissives du Parlement européen sont la recette idéale pour des conflits d’intérêts et les tentatives de corruption.
Nos propositions manqueront de crédibilité tant que nous ne nous imposerons pas des règles strictes. Si nous voulons regagner la confiance des citoyens, il est de notre devoir d’être irréprochables.