« Alors que le besoin d’Europe n’a jamais été si important pour les citoyens européens, la Commission européenne fait preuve d’ambitions limitées », estime Catherine Trautmann

24 nov. 2010

La Commission européenne a publié son programme de travail pour l’année 2011. Le Parlement européen en a débattu hier.

Au nom de l’ensemble de la délégation socialiste française, Catherine Trautmann « a regretté l’ambition limitée de la Commission européenne pour l’année 2011. Alors que les outils existent – le Traité de Lisbonne est en place depuis un an maintenant – la Commission européenne persiste à limiter son rôle, répondant ainsi aux souhaits du Conseil.

« Un aspect de ce programme de travail est symptomatique de la vision portée par la Commission européenne : la question des services publics. Sur ce sujet fondamental pour les socialistes français et européens, Michel Barnier annonce une simple « communication », là où nous devons légiférer », soulignent Françoise Castex, présidente de l’intergroupe Services publics, et Bernadette Vergnaud, vice-présidente de la commission du marché intérieur, « et alors même que le Traité de Lisbonne permettrait enfin une action concrète ! » renchérissent les deux eurodéputées. Harlem Désir précise : « Après la crise, l’Europe doit mieux protéger son modèle social, c’est une attente forte des citoyens », estime l’eurodéputé. « L’Union européenne doit adopter une législation claire qui protège les services publics des règles de la concurrence. Aujourd’hui il y a une base juridique, il faut maintenant une volonté politique, elle fait manifestement défaut à la Commission » ajoute-t-il.

Sur le reste du contenu du programme de travail, les limites déjà identifiées sont toujours là : absence de stratégie de sortie de crise, aucune réponse à l’urgence sociale et climatique, rien sur le renouveau du projet européen, aucun engagement substantiel sur l’harmonisation fiscale et l’harmonisation sociale, aucune place spécifique pour la stratégie du numérique.

« L’Union doit replacer les citoyens au cœur du projet européen » rappelle Catherine Trautmann. « Nous appelons la Commission à faire des propositions concrètes dans le sens du renforcement des droits des consommateurs et à poursuivre les activités mettant en œuvre les solidarités actives. »