Réindustrialisation de l’Europe : un jeu pour comprendre les enjeux
L’industrialisation de l’Europe est au plus bas. En France, en 2024 et 2025, notre pays a fermé plus d'usines qu'il n'en a ouvert.
Ce recul de notre industrie entraîne des conséquence concrètes et profondes : perte d’un savoir-faire technologique européen, suppression d’emplois et renforcement de notre dépendance aux pays tiers, comme la Chine. Le constat est réel : l’Europe n’est plus le fer de lance de l’industrie mondiale.
Plutôt que d’accepter ce sort et de subir les aléas des politiques industrielles chinoises ou des politiques commerciales américaines, l’Europe peut - et doit - reprendre en main son destin. Celui de sa réindustrialisation.
Cela est possible si nous agissons. Maintenant. Avant qu’il ne soit trop tard.
Un texte en négociation
Le mouvement est enclenché avec des négociations, en ce moment même, au Parlement européen sur l’Accélérateur industriel européen (IAA), dont Pierre Jouvet est le rapporteur pour les socialistes et démocrates, en tant que membre de la Commission du marché intérieur et des droits des consommateurs. Aux côtés des deux autres co-rapporteurs, Anna Cavazzini (DE, Verts pour la commission du commerce international) et Christophe Grudler (FR, Renew pour la commission de l’industrie), il renforce et améliore la proposition présentée par la Commission européenne en début d’année. Il défend trois points majeurs :
- L’imposition de critères
géographique et de création de valeur locale dans la commande publique et les aides d'État. Ce « Made in EU » est défini de manière exigeante,restreint aux 27 États membres. Les pays tiers qui voudront en bénéficier devront respecter des conditions d’”opt in” strictes : réciprocité d’ouverture des marchés publics et conditions de concurrence similaires, comme le respect des conventions fondamentales de l’Organisation Internationale du Travail ou la mise en œuvre les engagements de l’Accord de Paris. - L’abaissement du seuil du contrôle des investissements directs étrangers aux opérations à partir de 50 millions d'euros et le durcissement des conditionnalités en matière de préservation de l’emploi et d’approvisionnement Made in Europe en cas de rachat.
- La mise en place, sur les zones d'accélération industrielle, d’un guichet unique aux entreprises pour faciliter les implantations de nouveaux sites, avec obligatoirement un appui humain pour les PME. Toutefois, elles n’auront pas la possibilité de s’installer dans les zones Natura 2000 qui restent sacralisées.
En imposant le « Made in EU » dans les marchés publics et les aides d’État, ce texte doit être le pilier d’une réindustrialisation décarbonée, créatrice d’emplois de qualité. Dans les prochaines semaines, Pierre Jouvet défendra, au nom de notre délégation, l’intégration de conditionnalités sociales et environnementales supplémentaires.
« Ma voiture européenne » : un jeu pour saisir les enjeux
Réindustrialiser l’Europe est un projet de grande ampleur qui touche à l’environnement, l’emploi, le budget, la mobilité. Pour que ces enjeux soient compris du plus grand nombre, la délégation française des socialistes et démocrates lance aujourd’hui un jeu : « Ma voiture européenne ».
L’objectif : construire, aux côtés de Pierre Jouvet, une voiture 100% européenne. La tâche n’est pas si simple : le joueur devra composer avec des contraintes (délais, emplois créés, impact environnemental, etc.) et des événements géopolitiques imprévus. Pour l’aider dans ses choix, des eurodéputés spécialistes interviendront :
- Christophe Clergeau, membre de la Commission de l’environnement, du climat et de la sécurité alimentaire et « shadow » rapporteur pour avis sur l’IAA
- Jean-Marc Germain, membre de la Commission du commerce international (INTA)
- Thomas Pellerin-Carlin, membre de la Commission de l’industrie, de la recherche et de l’énergie (ITRE)
- François Kalfon, membre de la Commission des Transports
Ils interviennent pour leur commission parlementaire, car toutes seront mobilisées par les négociations sur l’IAA - preuve s’il en fallait une, de l’importance du travail à venir sur la réindustrialisation de l’Europe.
À vous de jouer : https://iaa.reveillerleurope.eu/
Les prochains mois seront marqués de nombreuses négociations sur ce texte. Nous tiendrons les citoyens informés de leurs avancées.
Mobilisons-nous pour réindustrialiser l’Europe !
Les prochaines étapes :
- 30 septembre : dépôts des amendements
- Jusqu’au 1er décembre : discussion entre les groupes politiques
- 1er décembre : vote en commissions IMCO
- Fin d’année : vote en plénière à Strasbourg
- Janvier 2027 : Ouverture des négociations tripartites entre le Parlement, le Conseil et la Commission européenne