Il y a ce moment, dans tous les aéroports, où l’on commence à regarder le panneau des départs avec une attention excessive.
On a déjà passé le contrôle de sécurité. On a acheté une bouteille d’eau au prix d’un demi-plein d’essence. L’enfant qui devait « tenir jusqu’à l’avion » commence à demander quand est-ce qu’on arrive. Et, sur l’écran, à côté du numéro du vol, apparaît ce mot un peu mou, un peu hypocrite : retardé.
Au début, on se dit que ce n’est pas grave. Une heure, bon. Deux heures, ça devient long. Trois heures, en revanche, ça signifie souvent une correspondance manquée, une arrivée à minuit chez des proches, une journée de travail envolée, parfois le début des vacances qui se transforme en cauchemar.
Aussi, après treize années de bataille face au Conseil et aux compagnies aériennes qui voulaient faire reculer les droits des passagers et alléger la facture des opérateurs, les socialistes et démocrates n’ont pas permis ce grand recul des droits des passagers et ont même obtenu des victoires très concrètes pour les passagers. A la veille des départs en vacances, c’est une excellente nouvelle !
Car l’objectif du lobby de l’aérien et des gouvernements était clair : diminuer les indemnisations, rendre les réclamations plus compliquées, continuer à afficher des billets séduisants avant d’ajouter, au fil de la réservation et à prix d’or, le bagage cabine ou encore le choix du siège à côté de vos enfants.
Les socialistes et démocrates ont tenu bon et ont même arraché des avancées concrètes pour les passagers !
D’abord sur un point essentiel : le seuil ouvrant droit à indemnisation est maintenu. À partir de trois heures, les passagers pourront recevoir au moins 250 euros de compensation.
Ensuite, les remboursements devront devenir moins kafkaïens. Les compagnies aériennes devront expliquer clairement comment demander une indemnisation. Elles auront trente jours pour payer ou motiver précisément leur refus. Et elles ne pourront pas imposer la création d’un compte ou le téléchargement d’une application pour obtenir ce qui est dû.
Autre avancée qui relève du bon sens : les enfants de moins de 14 ans devront pouvoir être assis à côté de leurs parents, sans frais supplémentaires.
Cela ne doit plus être ni une prestation premium ni une option à cocher entre « embarquement prioritaire » et « bagage cabine ». C’est simplement la manière normale de prendre l’avion en famille.
Même principe pour les bagages cabine. Les prix devront être plus transparents et inclure le bagage cabine dès le premier tarif affiché. Les voyageurs pourront enfin comparer les offres sans découvrir, juste avant de payer, que le billet à 39 euros coûte en réalité bien davantage.
Enfin, les droits des personnes en situation de handicap ou à mobilité réduite sont renforcés. Lorsqu’un défaut d’assistance à l’aéroport leur fait manquer un vol, la compagnie devra porter assistance, indemniser et mener jusqu’à leur destination finale les passagers concernés.
Cette révision ne résoudra pas tous les retards ni tous les problèmes.
Mais une chose est sure. Une famille ne doit pas payer pour rester assise ensemble. Un passager ne doit pas devenir juriste pour être indemnisé. Et trois heures de retard, c’est plus qu’un simple désagrément.
L’Europe est utile lorsqu’elle protège concrètement les citoyens. Elle s’est toujours construite sur davantage de droits pour les consommateurs, jamais sur des reculs. Vous pourrez toujours compter sur les socialistes et démocrates pour continuer à défendre les droits des consommateurs et des Européens.