Les canicules sont une bombe sanitaire, et l’Europe n’est pas prête
Alors que nous ne sommes qu’au début du mois de juillet et que l’Europe s’apprête déjà à connaitre sa troisième vague de chaleur de l’année, un constat s’impose : la chaleur tue, et ses conséquences humaines, économiques et environnementales s'aggravent.
Les canicules sont une bombe sanitaire, et l’Europe n’est pas prête. Près de 62 000 personnes sont décédées à cause de la chaleur en 2024. En France, le dernier épisode de canicule est responsable d’au moins 2 025 décès supplémentaires selon les premières estimations de Santé Publique France. Combien de victimes supplémentaires faudra-t-il encore compter après la vague de chaleur qui va frapper notre continent d’ici la fin de la semaine ?
Il s’agit d’un enjeu de sécurité et de santé publique, une priorité pour la délégation française du S&D. Car nous ne sommes pas tous logés à la même enseigne face aux conséquences du réchauffement climatique. Les personnes âgées, les femmes enceintes, les travailleurs en extérieur, les personnes en situation de précarité ou encore les personnes sans-abri sont en première ligne.
Les vagues de chaleur alimentent, également, l’emballement des incendies, partout en Europe. Face à cette situation, il est urgent de réfléchir à la préparation et réaction de l'Union européenne pour protéger la population contre les vagues de chaleurs récurrentes et les feux de forêts à venir. C'est tout le sens du débat qui aura lieu demain matin au Parlement européen, alors même que plusieurs massifs du sud de la France brulent depuis plusieurs jours dans l’Aude, les Pyrénées-Orientales ou encore le Gard. Ces feux, dits « précoces » car ils arrivent avec un mois d’avance vont devenir la norme. Nous devons collectivement nous y préparer. Les sapeurs-pompiers alertent déjà sur une saison qu'ils redoutent « extrêmement longue », tandis que les assureurs, de plus en plus exposés, s'interrogent sur la pérennité de leur modèle.
Combien de temps l’Union européenne va-t-elle encore fermer les yeux ?
La politique de l’autruche a conduit à un déficit d’investissement colossal des États membres comme de l’Union européenne en matière d’adaptation au changement climatique. Résultat : nous sommes aujourd’hui face à un mur d’investissement qui ne cesse de grandir. Tous secteurs confondus, l’Agence Européenne de l’Environnement, dans un rapport de 2025, indique que le déficit d’investissement pour atteindre les objectifs du Pacte vert s’élèvent à 743 milliards d’euros par an. Nous avons besoin de courage politique. Il est encore temps de rattraper notre retard, mais cela suppose d’investir massivement et dès maintenant.
Mais l’adaptation ne fonctionnera qu’à la condition de s’attaquer à la racine du problème : limiter le réchauffement climatique et maintenir nos objectifs européens de neutralité carbone d’ici 2050. La protection des milieux marins, absorbant la chaleur, est l’un des moyens les plus efficaces pour lutter contre le réchauffement climatique. Protéger notre planète, c’est d’abord protéger les océans, cela doit devenir une priorité européenne.
Enfin, nous réitérons notre opposition ferme à la vague de dérégulation des normes environnementales qui nous condamne.
Quand la droite et l’extrême droite jouent avec le feu et se brûlent, la délégation française des Socialistes et Démocrates défend une Europe qui protège et qui anticipe et investit pour améliorer la vie des citoyens et des générations futures.