Gender care gap : la droite et l’extrême droite abîment un texte essentiel
Le Parlement européen se prononçait aujourd’hui sur le rapport relatif au gender care gap, c’est-à-dire l’inégale répartition du travail de soin et d’accompagnement, encore très largement assumé par les femmes en Europe.
La délégation française du groupe S&D s’est abstenue sur le texte final car une alliance entre la droite et l’extrême droite a profondément affaibli le rapport au fil des votes sur les amendements.
Un texte qui devait porter une ambition forte pour reconnaître, partager et financer le travail du soin a été progressivement vidé de sa substance. La suppression de la référence à la mise en œuvre du gender mainstreaming et du gender budgeting constitue un recul politique majeur. Comment prétendre réduire les inégalités entre les femmes et les hommes si l’on refuse d’intégrer cette exigence dans toutes les politiques publiques et dans les budgets européens ?
La même logique a conduit à affaiblir la Garantie européenne pour l’enfance, en supprimant la demande d’un budget dédié de 20 milliards d’euros. Là encore, le signal est désastreux : on ne combat pas la pauvreté des enfants avec des déclarations de principe, mais avec des moyens concrets.
Enfin, les éléments devant figurer dans un futur European Care Deal ont été vidés de leur portée. Ce qui devait être une véritable feuille de route européenne pour le soin - pour les enfants, les personnes âgées, les personnes en situation de handicap, les aidants et les travailleurs du secteur - a été réduit à une ambition minimale.
Nous refusons cette méthode. La droite et l’extrême droite ont transformé un texte sur l’égalité en texte de renoncement. Elles ont gardé les mots du soin, mais retiré les moyens, les obligations et l’ambition.
Notre abstention est donc un signal politique clair : nous continuons à défendre une Europe du soin, de l’égalité et de la justice sociale. Mais nous ne pouvons pas cautionner un texte dont les avancées les plus structurantes ont été effacées au moment du vote.
L’Europe a besoin d’un véritable Care Deal européen : un pacte pour reconnaître le travail du soin, mieux le répartir entre femmes et hommes, mieux le rémunérer, mieux le financer et garantir des services accessibles à toutes et tous. C’est cette ambition que nous continuerons à porter.