Les socialistes européens obtiennent des droits pour la santé des travailleurs
Cette semaine, le mercredi 7 octobre, la Confédération syndicale internationale (CSI) organise la Journée mondiale pour le travail décent. Une initiative majeure qui, comme chaque année, verra des millions de travailleurs et de travailleuses se mobiliser sur l’ensemble de la planète pour réclamer des conditions de travail justes, des rémunérations équitables, des droits respectés et des négociations collectives protectrices.
Le défi reste immense, mais la mobilisation des travailleurs, de leurs représentants syndicaux et des élus de gauche porte ses fruits, notamment sur notre continent. L’Europe sociale est loin d’être achevée, mais elle est déjà bien plus qu’une utopie. C’est aujourd’hui un édifice de droits et de pratiques. Certes incomplet et toujours menacé, elle se construit néanmoins peu à peu et contribue d’ores et déjà à protéger concrètement les travailleurs en Europe.
Cette semaine, le Parlement européen, réuni en séance plénière à Strasbourg, aura l’opportunité d’en faire la démonstration à l’occasion de deux votes cruciaux.
Le premier aura lieu ce mardi, à la veille de la mobilisation syndicale. C’est en effet ce jour-là que nous adopterons définitivement la réforme de la directive visant à protéger les travailleurs contre l’exposition aux substances cancérogènes. Cette directive, qui existe depuis plus de vingt ans, a été rouverte pour y ajouter cinq nouvelles substances qui feront désormais l’objet de mesures strictes, à commencer par la fixation de seuils d’exposition maximaux. Ces mesures doivent permettre d’éviter près de 2 000 cancers professionnels et 20 000 autres maladies graves à l’échelle de l’Europe.
Les substances visées incluent le cobalt, composant clé des batteries électriques et donc au cœur de la transition climatique, mais dont la manipulation exige de grandes précautions en raison de sa dangerosité. Malgré l’opposition des lobbies industriels, toujours prompts à vouloir réduire leurs coûts, fût-ce au détriment de la santé des employés, nous sommes parvenus à arracher un haut niveau de protection pour les travailleurs. Je suis fière d'avoir contribué à ce progrès en tant que responsable de ce dossier pour le groupe des Socialistes et Démocrates (S&D) au Parlement européen.
Cette réforme concerne également les sapeurs-pompiers. Les mégafeux de l’été dernier ont mis en lumière les conditions de travail harassantes auxquelles ils sont exposés. Nos sapeurs-pompiers volontaires ont besoin d’un statut plus protecteur et plus rémunérateur qui leur permette d'évoluer dans leur profession. Mais le débat public s’est encore trop peu penché sur la dangerosité intrinsèque de ce métier. Dans les pas de l’Organisation internationale du travail (OIT), l’Union européenne reconnaît enfin, à travers cette législation, que la profession de sapeur-pompier est cancérogène en soi. Les sapeurs-pompiers sont de fait régulièrement exposés à des produits de combustion, des substances qui provoquent des cancers. Le droit doit désormais leur garantir une protection à la hauteur des risques qu’ils prennent pour la collectivité.
Un autre vote important aura lieu jeudi. Il ne s’agit pas cette fois d’une législation, mais d’un rapport dit « d’initiative », c’est-à-dire non contraignant à ce stade. Ce rapport, porté par notre collègue socialiste belge Estelle Ceulemans, traite de la prévention des risques psychosociaux au travail. Il propose des solutions concrètes pour lutter contre ces risques, car eux aussi tuent : près de 840 000 personnes par an sur la planète. L’Union européenne peut agir, par exemple en inscrivant le droit à la déconnexion dans la loi. L’adoption de ce rapport démontrera qu’il existe une majorité au Parlement européen pour voter une telle mesure. Toutefois, dans l'Union européenne, le pouvoir d’initier une nouvelle législation revient à la Commission européenne. Nous attendons donc d’elle qu’elle se saisisse en urgence de ce sujet.
De l’extrême droite, comme à l’accoutumée, nous n’attendrons rien. En commission parlementaire, ses élus se sont opposés ou se sont abstenus sur ces deux textes. Quand il s’agit de défendre la santé, les droits et la rémunération des travailleurs, l’extrême droite n’est jamais au rendez-vous. Nous disons aux travailleurs européens que les Socialistes et Démocrates seront toujours mobilisés pour faire avancer leurs droits.