Les socialistes européens obtiennent des droits pour la santé des travailleurs
Les eurodéputés de la délégation française des Socialistes et Démocrates se réjouissent de l’adoption aujourd’hui par le Parlement européen de deux textes importants qui visent chacun à renforcer la protection de la santé des travailleurs : la révision de la directive sur la protection des travailleurs contre l'exposition aux substances cancérogènes, et un rapport d’initiative législative sur la prévention des risques psychosociaux au travail.
Substances cancérogènes au travail : une victoire pour les travailleurs
Le cancer est la première cause de décès liés au travail dans l'Union européenne (près d’un sur deux). Pour contrer ce fléau, depuis plus de vingt ans, l’Union européenne protège les travailleurs contre l’exposition aux substances cancérogènes en fixant des seuils d’exposition maximum substance par substance. Ce texte est régulièrement mis à jour en fonction de progrès de la recherche scientifique.
Ainsi, le vote de ce jour ajoute cinq nouvelles substances qui feront désormais l’objet de ces mesures strictes. L’effet combiné de cette nouvelle protection dans le droit européen doit permettre d’éviter près de 2 000 cancers professionnels et 20 000 autres maladies graves à l’échelle de l’Europe.
Les substances visées incluent le cobalt, composant clé des batteries électriques et donc au cœur de la transition climatique, mais dont la manipulation exige de grandes précautions en raison de sa dangerosité. Malgré l’opposition des lobbies industriels, relayée au Parlement européen par les groupes de droite et d’extrême droite, toujours prompts à vouloir réduire leurs coûts, fût-ce au détriment de la santé des employés, nous sommes parvenus, aux côtés de Nora Mebarek responsable du sujet pour le groupe des Socialistes et Démocrates au Parlement européen, à arracher un haut niveau de protection pour les travailleurs.
La directive reconnait aussi la nature cancérigène de la fonction de sapeur-pompier. Ces derniers sont de fait régulièrement exposés à des produits de combustion, des substances qui provoquent des cancers. Le droit doit désormais leur garantir une protection à la hauteur des risques qu’ils prennent pour la collectivité.
Burn-out et stress au travail : le Parlement européen ouvre la voie
Ce rapport, porté par notre collègue socialiste belge, Estelle Ceulemans, traite de la prévention des risques psychosociaux au travail. Il propose des solutions concrètes pour lutter contre ces risques, car eux aussi tuent : près de 840 000 personnes par an sur la planète. L’Union européenne peut agir, par exemple en inscrivant le droit à la déconnexion dans la loi.
L’adoption de ce rapport démontre qu’il existe une majorité au Parlement européen pour voter une telle mesure. Toutefois, dans l'Union européenne, le pouvoir d’initier une nouvelle législation revient à la Commission européenne. Nous attendons donc d’elle qu’elle se saisisse en urgence de ce sujet.
Alors qu’en commission parlementaire, les élus d’extrême droite se sont opposés ou se sont abstenus sur ces deux textes, en plénière l’extrême droite a montré son incapacité à soutenir à l’unanimité les travailleurs. Pire encore, sur les risques psychosociaux, l’extrême droite a brillé par son opposition à une amélioration de la prévention sur le sujet.
De quoi confirmer, une fois de plus, que l’extrême droite n’est décidément jamais du côté des travailleurs. Au-delà des mots, il faut regarder les votes. Les nôtres servent un objectif clair : zéro mort au travail.