Lutte contre la crise du logement: de premières avancées... malheureusement insuffisantes
En dix ans le prix des logements dans l’Union européenne a augmenté de 60% en moyenne. Un européen sur dix n’arrive plus à payer son loyer dans les temps. En France, 4 millions de personnes sont en situation de mal-logement.
Les travaux de la commission parlementaire spéciale sur le logement – dans laquelle siège Nora Mebarek co-Présidente de la délégation française des socialistes et démocrates, trouvent aujourd’hui leur prolongement législatif, avec la présentation par la Commission européenne de sa proposition de Loi européenne sur le logement abordable.
Un premier pas bienvenu... mais qui est insuffisant
Nous saluons la volonté de la Commission européenne de lutter contre la crise du logement, en particulier contre les locations temporaires de type « Airbnb ». Permettre aux autorités locales de limiter les locations de courte durée dans les zones en tension sur le marché du logement, est un bon point de départ. En reconnaissant le rôle central des autorités locales dans la gestion de ces locations, la Commission s’inspire et valide l’approche française, inscrite dans une loi pour lutter contre la prolifération des meublés de tourisme portée notamment par le député socialiste Iñaki Echaniz.
Investir dans la rénovation thermique et la construction : priorité au logement social
Cet effort réglementaire ne suffira pas. Airbnb n’aggrave qu’une crise déjà bien installée – et bien plus vaste.
Elle repose notamment sur une panne du secteur de la construction. Rien qu’en France, il manque au moins 100 000 logements neuf par an supplémentaires pour faire face à la demande.
L’effort de rénovation des logements insalubres demeure également très insuffisant. Face au défi du réchauffement climatique, nombre de logements sont ou vont devenir inadaptés aux fortes chaleurs, sans oublier les hivers et les passoires thermiques. La France comptait au 1er janvier 2025, 3,9 millions de « passoires thermiques », soit 12,7% des résidences principales, selon les chiffres officiels.
Cette situation n’est pas tenable. Chaque personne doit pouvoir disposer d’un logement digne, sain et abordable.
Le besoin d’investissement est immense, et les pouvoirs publics doivent prendre leur part. C’est pourquoi nous demandons que 100 milliards d’euros soient alloués au logement dans le futur budget pluriannuel de l’Union européenne, avec comme priorité le soutien au logement social.
Une ambition nécessaire pour surmonter la crise
Lutte contre la spéculation et le sans-abrisme, effort particulier sur le logement étudiant, promotion des matériaux durables et du recyclage dans la construction, formation et conditions de travail des travailleurs du secteur : les sociaux-démocrates européens ont formulé des propositions concrètes pour surmonter la crise du logement.
Il appartient désormais à la Commission européenne de se saisir du sujet avec détermination. La future Loi sur le Logement Abordable doit être utile, ambitieuse et financée.