À Ceuta, l’Europe doit être Européenne, Solidaire, Souveraine
141 morts. Et pourtant, avant même que les circonstances du drame soient établies, certains avaient déjà choisi leur récit : celui de « l’invasion », de la menace migratoire et de la militarisation des frontières.
À Ceuta, la droite et l’extrême droite européennes ont une nouvelle fois préféré la peur aux faits.
Derrière ces chiffres, il y a des femmes, des hommes et des enfants. Des personnes vulnérables, exploitées par des réseaux criminels et par tous ceux qui cherchent à instrumentaliser les migrations pour déstabiliser l’Europe. Les migrants ne sont pas l’ennemi : ils sont aussi les victimes de ces stratégies.
Il faut aussi rétablir une vérité : Schengen n’a jamais été menacé. Ceuta ne fait pas partie de l’espace Schengen. Les personnes arrivées irrégulièrement sur place ne pouvaient pas circuler librement vers l’Espagne continentale ou les autres États membres. Alimenter la peur d’une « invasion du continent » est donc une instrumentalisation politique et non la réalité.
Cela ne signifie pas que nous devons fermer les yeux sur les menaces. Nous devons combattre les passeurs, les trafiquants, les réseaux de désinformation et ceux qui instrumentalisent les migrations. Ces événements touchent un Membre de l’Union européenne et par là l’Union dans son ensemble. Ils appellent donc une réponse européenne.
Quelque 1 400 mineurs non accompagnés se trouvent encore à Ceuta. Ce sont des enfants. Ils doivent être protégés et accompagnés dans le respect du droit. Cette responsabilité ne peut pas reposer sur l’Espagne seule.
C’est précisément ce que signifie être Européens, Solidaires et Souverains.
EUROPÉENS, parce que Ceuta est une frontière espagnole, mais aussi une frontière de l’Union. Face aux trafiquants et aux réseaux criminels, aucun État membre ne doit être laissé seul.
SOLIDAIRES, parce que lorsqu’un État membre est confronté à une situation de cette ampleur, la première réaction des autres devrait être la solidarité. Faire bloc. Se tenir aux côtés des pays qui sont en première ligne. C’est cela, la force d’une Union. La solidarité européenne doit aussi signifier partager la responsabilité de l’accueil et de la protection des plus vulnérables.
SOUVERAINS, enfin, parce qu’une Europe souveraine doit être capable de protéger ses frontières et ses citoyens, de combattre les ingérences et les attaques hybrides, sans jamais renoncer à l’État de droit et à ses valeurs.
Car ceux qui cherchent à affaiblir l’Europe n’ont pas toujours besoin de nous vaincre. Il leur suffit de réussir à nous diviser.
À Ceuta, notre réponse doit donc être l’inverse : une Europe unie, solidaire et capable de décider et d’agir. Une Europe qui protège, sans céder à la peur.