Discours sur l'état de l'Union : l'Europe doit choisir l'affirmation, pas le renoncement

14 sept. 2026

L'été 2026 aura été celui de tous les records. Entre canicules précoces et sécheresses prolongées, 1,2 million d'hectares de forêts sont partis en fumée, détruisant des vies, des habitations et des écosystèmes entiers. Dans le même temps, la crise migratoire de Ceuta a révélé une solidarité européenne à géométrie variable envers l'Espagne, en contraste avec la réponse apportée à Lampedusa. 

Face à ces urgences, l'Europe ne peut plus se contenter de subir. La Commission européenne doit rendre des comptes.

Nous attendons désormais d'Ursula von der Leyen qu'elle passe des paroles aux actes. L'année dernière, elle promettait une ambition nouvelle sur le logement ; la législation sur le logement abordable présentée la semaine dernière est loin d'être à la hauteur. Les mots ne suffisent plus.

Nous ne croyons plus à la prétendue rupture entre la droite et l'extrême droite, alors que leurs alliances fragilisent les majorités pro-européennes et compromettent les votes en faveur de l'environnement, du modèle social européen et de notre souveraineté.

Ce discours sur l'état de l'Union doit être un discours d'urgence : celui d'une Europe qui choisit enfin d'être une puissance souveraine, capable de répondre aux défis géopolitiques, climatiques et sociaux de notre temps.

Une Europe souveraine, fière de son modèle

Pourtant, le modèle européen est unique et peut être un exemple pour le monde. Alors que les tensions géopolitiques s’accroissent, l'Europe doit faire un choix existentiel : s'affirmer, ou s'effacer.

Afin de permettre l’affirmation de l’Europe, nous demandons :

  • Commerce et industrie : instaurer une préférence européenne stricte pour réindustrialiser le continent et protéger nos emplois.
  • Environnement : maintenir sans ambiguïté l'objectif de neutralité carbone en 2050, pilier du Pacte vert que les industriels eux-mêmes réclament pour garantir leur visibilité.
  • Logement et social : renforcer les aides permettant d'adapter les logements au changement climatique et accélérer la construction de logements sociaux.
  • Santé : garantir à chacun l'accès à une alimentation européenne, de qualité et abordable, tout en protégeant les agriculteurs face à la concurrence déloyale.
  • Défense : bâtir un véritable marché européen de la défense pour sécuriser nos approvisionnements et permettre aux États membres d'acheter ensemble, plus vite et à grande échelle.
  • Numérique : adopter un Digital Fairness Act afin de protéger les mineurs et l'ensemble des citoyens contre les pratiques numériques nocives.

Une Europe humaniste devant se donner les moyens de sa puissance

L'affirmation de la puissance européenne n'a de sens que si elle s'appuie sur nos valeurs fondatrices, au premier rang desquelles figure le respect du droit international.

Alors que les magistrats de la Cour pénale internationale sont sanctionnés par Donald Trump, que les États-Unis bouleversent l'ordre international par leur campagne militaire contre l'Iran et que la droite et l'extrême droite européennes défendent un règlement « retour » inefficace et attentatoire aux droits fondamentaux, l'Europe doit réaffirmer sans ambiguïté son attachement au droit international.

Cette ambition exige des moyens à la hauteur.

Le prochain Cadre financier pluriannuel (2028-2034), actuellement en négociation, devra répondre aux nouvelles réalités sociales, géopolitiques et environnementales auxquelles l'Union est confrontée. Il n'y aura pas de budget européen crédible sans un engagement sérieux en faveur de nouvelles ressources propres, seules capables de financer nos ambitions sociales, environnementales, numériques et industrielles.

Nous ne pouvons pas faire plus avec moins.

N'attendons pas janvier 2027 et la nomination du prochain président du Parlement européen pour agir. Il faut agir maintenant. Avant que la maison ne brûle.