NGT : L’Europe doit choisir entre l’intérêt général ou la rente privée
Alors que ce mercredi 17 juin le Parlement européen s’apprête à revoter en plénière sur les nouvelles techniques génomiques (NGT), une chose est certaine, ce sera un moment de vérité. Chacun aura à choisir entre dérouler le tapis rouge aux multinationales de l’agrochimie ou défendre une agriculture vivante, des semences accessibles, et la liberté des agriculteurs.
Derrière la technologie, l’enjeu est politique, social et économique. Les NGT permettent d’isoler et reproduire à grande échelle des traits génétiques et des variétés qui « peuvent » exister dans la nature et qui pourront être demain brevetées comme des inventions industrielles. Autrement dit : un péage sur la ressource génétique. Des semences plus chères. Des agriculteurs davantage dépendants des multinationales. Et des petits et moyens semenciers menacés par quelques grands groupes, qui tiendraient les clés des brevets, pourraient bloquer leurs innovations et leur accès au marché.
Il faut le dire clairement : ce texte organise un transfert du contrôle des semences et des plantes au profit de quelques multinationales. Un transfert de pouvoir sur nos semences, sur nos cultures, et sur notre souveraineté alimentaire.
C’est pourquoi, j’ai déposé des amendements en plénière pour revoir cette question des brevets jusqu’à présent peu et mal traitée. Je veux empêcher la privatisation du vivant en interdisant l’extension des brevets qui existent sur les technologies de l’édition génétique aux produits qui en sont issus. Je veux empêcher quelques grands groupes internationaux de faire main basse sur les plantes en obligeant tous les détenteurs de brevets à les ouvrir aux autres semenciers dans des conditions équitables. Je veux protéger les agriculteurs en empêchant qu’ils soient injustement accusés d’utiliser sans les payer des NGT alors que leurs champs ont été pollués par leurs voisins.
Tout cela est modéré, pragmatique, raisonnable et ne vise qu’à sauver le tissu européen des petits et moyens semenciers et éviter aux agriculteurs de devenir encore plus dépendants, avec moins de choix pour leurs semences qu’ils pairaient plus cher. Je veux surtout préserver la diversité des semences et des variétés de plante qui est un capital précieux pour l’avenir de l’agriculture et de la planète.
Dans les prochains jours, à l'issue du vote ce mercredi, chacun devra répondre à une question très concrète : qui veut protéger les semenciers et les agriculteurs, et qui choisit de protéger les brevets et les profits des multinationales ? La droite et l’extrême droite prétendent défendre les agriculteurs mais je les vois chaque jour servir les intérêts de Bayer - Monsanto, Syngenta, Corteva.
Nous refusons que notre alimentation devienne un monopole. Nous refusons que le vivant soit confisqué. L’Europe doit choisir : l’intérêt général ou la rente privée.
Pour ma part, je choisis les agriculteurs, la diversité des semences, et le vivant comme bien commun.