Fraude aux fonds européens : en plénière, les progressistes font éclater l’alliance entre la droite et l’extrême droite
Aujourd’hui, le Parlement européen a rejeté le rapport annuel 2024 sur la protection des intérêts financiers de l’Union européenne et la lutte contre la fraude, porté par Julien Sanchez, eurodéputé RN/PfE, par ailleurs condamné à plusieurs reprises par la justice française.
Ce vote marque un revers politique majeur pour l’extrême droite et pour celles et ceux qui, à droite, avaient accepté de lui confier un rapport aussi sensible. Protéger l’argent public européen exige de la clarté, de la rigueur et une exigence démocratique totale. Confier ce rapport à l’extrême droite, c’était déjà confier l’extincteur à un pyromane.
Le rapport avait été adopté en commission du contrôle budgétaire grâce à une alliance entre la droite et l’extrême droite. Nous savions que le vote en plénière serait difficile. Mais avec les forces progressistes, nous avons fait notre travail : nous avons réussi à faire éclater cette alliance et à retourner le vote. Il fallait arracher quelques voix au PPE et à l’ECR : nous y sommes parvenus.
La victoire la plus claire est l’adoption de notre amendement clé, voté à seulement cinq voix d’écart - 315 voix pour, 310 contre, 20 abstentions. Cet amendement réintroduit dans le texte ce que le rapporteur RN voulait effacer : l’enquête ouverte par le Parquet européen sur les soupçons de détournement de plus de 4,3 millions d’euros de fonds européens par l’ancien groupe Identité et Démocratie, auquel appartenait le Rassemblement national jusqu’en 2024.
On ne peut pas prétendre défendre les contribuables européens en organisant le silence sur les affaires de l’extrême droite. Très souvent, le RN joue les procureurs : contre les ONG, contre les syndicats, contre les journalistes, contre tous les contre-pouvoirs démocratiques. Mais quand il s’agit de ses propres groupes, de ses propres circuits, de ses propres responsabilités politiques, il demande l’amnésie générale.
C’est toujours la même mécanique : beaucoup de bruit contre les autres, beaucoup de silence sur soi-même. Beaucoup de leçons de morale, jamais de comptes à rendre.
Le texte restait cependant insuffisant. Nous avons corrigé des scories, mais pas toutes. Et nous ne voterons jamais un rapport sur la lutte contre la fraude quand il est porté par un rapporteur d’extrême droite qui cherche à effacer les affaires de sa propre famille politique.
Mais en contraignant Julien Sanchez et le Rassemblement national à voter contre leur propre rapport, nous avons obtenu le rejet de ce rapport par le Parlement européen. C’est une victoire politique nette : l’extrême droite voulait un écran de fumée, nous avons imposé la lumière.