Mettre la question des inégalités de genre au centre des métiers du "care"
Ce jeudi 21 mai, le rapport d’initiative Progresser vers une société du soin : Aborder l’écart entre les hommes et les femmes en matière de prise en charge des responsabilités familiales (Advancing towards a care society: addressing the gender care gap), sera voté en plénière. C’est le moment de rappeler une réalité trop longtemps invisibilisée : dans notre société, ce sont majoritairement les femmes qui prennent soin.
Qu’il s’agisse d’élever des enfants, d’accompagner un parent âgé, de soutenir un proche ou de travailler dans les hôpitaux, les EHPAD et les services d’aide à domicile, le soin repose encore largement sur les femmes. Un travail essentiel, mais souvent exercé au détriment de leur carrière, de leur santé, de leur temps personnel ou de leur indépendance économique.
Pour le groupe Socialistes et Démocrates, le soin ne peut plus rester à la marge du débat politique. Le travail du care, qu’il soit rémunéré ou informel, continue d’être massivement assumé par les femmes : sous-payé lorsqu’il est exercé professionnellement, invisibilisé lorsqu’il relève de la sphère familiale.
Ce rapport, adopté il y a quelques mois en commission des droits de la femme et de l’égalité des genres, contient plusieurs avancées importantes que nous avons défendues : la reconnaissance du rôle central de l’économie du soin, la nécessité d’investissements publics, ainsi qu’un meilleur soutien aux aidantes informelles, encore largement oubliées des politiques publiques.
Nous ne pouvons plus continuer à faire reposer nos systèmes de santé sur l’épuisement et l’invisibilisation des femmes. Investir dans le soin n’est pas une dépense accessoire : c’est un choix politique pour l’égalité, la dignité et la cohésion sociale.
Pourtant, deux priorités majeures ont été écartées du compromis final par le PPE : la mise en place d’un véritable European Care Deal ambitieux et financé, ainsi qu’une fiscalité plus juste pour les femmes et leur participation au marché du travail. Face à cela, nous avons déposé deux amendements de plénière pour défendre cette vision.
Dans le même temps, la droite européenne tente d’affaiblir plusieurs avancées du rapport, notamment notre demande d’un budget européen ambitieux de 20 milliards d’euros pour la Garantie européenne pour l’enfance.
Le care ne peut plus être l’angle mort des politiques européennes. Ce jeudi, il doit devenir un pilier de notre projet social et féministe pour l’Europe.